Recherche par mot clé

# Entreprise libérée | Jean-François Zobrist : «l’entreprise libérée n’est pas une mode»

Privilégier l’épanouissement, assouplir la hiérarchie… le concept d’entreprise libérée met à mal le management traditionnel. L’ex dirigeant de la fonderie FAVI, pionnier du concept, était à Lille mi-avril pour le premier forum dédié.

Jean-François Zobrist ex-dirigeant de l'entreprise FAVI. Photo C.LEFEBVRE. La Voix du Nord

Qu’elle est votre définition de l’entreprise libérée ?

C’est une entreprise où on a libéré les productifs des contraintes des improductifs. Moi j’ai accès sur le bonheur, mais il n’y a pas de « méthode » à appliquer. Les salariés connaissent leur travail : il faut juste libérer leur savoir et arrêter de les contrôler sans cesse.

Vous faites du bonheur le fer de lance de votre méthode…

Un ouvrier heureux, ça fait 5 % de cash-flow (flux de trésorerie) en plus. Un cadre malheureux ça fait 100 ouvriers malheureux…

Le bonheur au travail c’est savoir pour quoi et pour qui on travaille. Et être libre du comment. À Favi (entreprise de sous-traitance automobile, basée à Hallencourt dans la Somme) par exemple on fonctionne en mini-usines : l’usine Ford, l’usine Peugeot... chacun sait pour qui il travaille.

Vous êtes un des pionniers en France… d’où vous est venue cette idée ?

En 1983, j’ai été débarqué à FAVI pour devenir patron. Pendant 4 mois j’ai tourné dans l’usine et vu tous les problèmes : les réunions inutiles, le pointage… Mon prédécesseur, le seul contact qu’il avait avec les ouvriers c’était derrière sa baie vitrée. Moi en 4 mois je me suis intéressé à leurs vies, à ce qu’ils savaient faire. Sans ces mois d’observation je n’aurais jamais tout remis en cause. Ce sont les circonstances qui « ont fait que »…

Puis ça s’est fait pas à pas. J’ai supprimé les primes, les RH, les petits chefs, arraché les pointeuses au pied de biche… J’ai juste gardé ceux qui créent de la valeur : les ouvriers et commerciaux.

Pour quels résultats ?

Les commandes ont bondi de 30 %. On s’est développé jusqu’à 600 personnes… Et puis surtout, les salariés étaient heureux.

Le titre de votre livre « un petit patron naif et paresseux » interpelle…

Bien sûr que j’étais un patron paresseux ! Je ne délèguais pas par confiance mais par paresse. Je disais : tu sais comment on fait ? Et bien vas-y, fais-le, moi je ne connais pas ta machine. Je sais qu’à Favi ils se cooptent pour choisir des leaders, je n’ai aucune idée de comment ils font ! Mais ça marche et c’est tout, alors pourquoi m’en préoccuper et vouloir contrôler ?

Quel est selon vous le rôle d’un patron dans ce cas ?

C’est de montrer les étoiles, d’avoir un rêve partagé… En fait, être dans le subjectif et pas dans l’objectif. Par exemple : je ne disais pas « Il faut être à l’heure ». Je disais : « Peugeot doit nous aimer si vous voulez que les gens du village aient du boulot ». C’est ça le seul objectif. Et pour que Peugeot nous aime, il faut livrer en temps et en heure. En trente ans, avec FAVI, on a jamais livré une seule fois en retard.

Comment expliquez-vous l’intérêt actuel pour l’entreprise libérée ?

L’entreprise libérée n’est pas une mode, c’est un passage obligé. Depuis 50 ans en Occident on est dans un cycle « production-consommation » et on ne sait plus pour quoi on travaille, on est malheureux. Or ce cycle est fini, le marché de masse n’existe plus… Nous ne vivons pas une crise mais une fin de cycle. Il faut inventer le prochain cycle et l’entreprise libérée en fera partie.

#entreprise #QUALITÉDEVIESANTÉAUTRAVAIL

RECHERCHE PAR MOT CLE :

Pas encore de mots-clés.
Articles récents

M'OME : le Média de la Musique en Entreprise

Découvrez toute l'actualité de la Musique en Entreprise, les curiosités de l'Entreprise en Musique et les engagements des Entreprises pour la Musique ...

06.15.95.81.58

  • Facebook - Black Circle
  • YouTube - Black Circle
  • LinkedIn - Black Circle

M'OME - News by OME MEDIA

 

M’OME est le nom de baptême tout naturellement retenu par l’OME pour sa newsletter hebdomadaire. 

 

La M’OME prend la parole et appelle à un débat pour présenter des solutions aux pouvoirs publics, aux politiques, aux différentes instances : récompenser et inciter les entreprises à la PREVENTION AU BIEN-ETRE contre TAXATION D’OFFICE.

 

Musique, Bien-être, Sciences, ..., Coups de Gueule, High Tech, Nouveautés, Evènements ... La M’OME se consacre à tous ces sujets. 

 

Devenez ECLAIREURS du débat consacré aux solutions de prévention et au rôle des pouvoirs publics en matière d’incitation et d’aides.