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# Musique I En musique, Pygmées et hipsters ont le même sens du rythme

Une étude menée auprès de musiciens canadiens et de Pygmées montrent que, lorsqu'ils écoutent des extraits musicaux issus des deux cultures, ils partagent les mêmes réactions corporelles.

Une erreur, une fatigue, un exil… Telle serait la vie sans musique selon Nietzsche. De fait, elle semble avoir accompagné l'homme partout et de tout temps, nous disent l'archéologie comme l'ethnologie. Mais est-elle universelle? S'il semble parfois difficile de goûter l'art de peuples lointains, certaines structures de base de la musique sont partagées par tous…

Des chercheurs de l'université MacGill, à Montréal, ont voulu savoir si la musique pouvait provoquer les mêmes émotions chez des musiciens canadiens et chez des Pygmées Mbenzélé vivant dans la forêt tropicale congolaise et n'ayant jamais été au contact de la culture occidentale. Ils publient leurs travaux dans «Frontiers in psychology».

L'excitation suit le tempo

Au programme, onze extraits de notre répertoire (de Chostakovitch à Strauss en passant par des bandes originales de films) et huit pièces de polyphonie vocale pygmée (destinées à calmer la peur ou la tristesse, à s'adresser aux esprits, à accompagner les morts ou à apaiser les pleurs d'un enfant…). Les participants devaient dire si ces morceaux leur inspiraient des émotions positives ou non, et s'ils les calmaient ou les excitaient. Parallèlement étaient surveillés leurs respiration, pouls, sudation et la contraction des muscles du visage responsables du froncement de sourcil et du sourire. Conclusion: les émotions subjectives semblent liées à la culture, mais le sentiment d'excitation et les réactions physiologiques des deux groupes étaient très semblables.

«Pour les Pygmées, la musique permet de passer à travers des moments parfois émotionnellement difficiles mais n'est pas là pour exprimer des émotions», explique le Pr Nathalie Fernando, ethnomusicologue à l'université de Montréal, qui a participé à l'étude. Les lamentations sur le cadavre lors de funérailles ne sont d'ailleurs pas considérées comme de la musique chez les Pygmées.

«C'est ta musique…»

À l'écoute d'une œuvre occidentale, les Pygmées réagissent à son tempo (elle leur donne ou non envie de danser, les éveille ou les endort…), mais se gardent de tout jugement émotionnel. «C'est ta musique, je ne sais pas ce qu'elle signifie», disaient-ils aux chercheurs. Quant aux Canadiens, la musique pygmée, même de deuil, était toujours pour eux propice à la danse et à l'éveil car «elle est sans cesse très rapide et très forte», note Nathalie Fernando.

«Ce qui semble commun, c'est la manière dont le corps réagit à la musique», explique Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l'université de Caen et chercheur à l'Inserm. Cela va dans le sens d'une étude menée en 2009 par l'Allemand Thomas Fritz, qui montrait que des Mafa, un peuple du Cameroun, pouvaient associer des émotions simples (en particulier la joie) à des musiques inconnues.

«Il y a différents niveaux de plaisir en musique, décrypte Hervé Platel. Certains sont construits culturellement et liés aux expériences musicales auxquelles on a été confronté durant notre enfance. Mais au premier niveau, l'intensité sonore nous prend d'un point de vue physique, corporel. Cela a même été montré chez des rats “hypertendus”, dont la tension artérielle baissait lorsque le tempo de la musique qu'on leur diffusait descendait.» Il y a donc bien quelque chose d'universel dans la façon dont nous vivons la musique.

#Musiqueculture #dossier #evénements

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