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#STREAMING | Comment les maisons de disques imposent leur loi à Deezer

A l'occasion de l'annonce de son introduction en Bourse, le site de streaming musical a révélé les conditions léonines imposées par les majors du disques pour accéder à leur catalogue de chansons.

Deezer a annoncé ce mardi 22 septembre son projet d'introduction en Bourse. A cette occasion, le site de streaming musical a publié pour la première fois ses comptes. Un épais document de 278 pages qui permet d'y voir enfin clair sur ses rapports avec les maisons de disques, et de sortir de l'opacité qui règne depuis l'origine sur ce sujet sensible. Le document y liste par le menu les conditions -parfois léonines- imposées pour accéder aux catalogues des producteurs. Revue de détail.

1. Des marges faibles

Les comptes de Deezer montrent que l'essentiel des revenus sont absorbés par les reversements aux maisons de disques, après lesquels il ne reste plus grand chose. Ainsi, en 2013, 94% du chiffre d'affaires engrangé est immédiatement reparti dans la poche des maisons de disques.

Toutefois, Deezer a depuis négocié des accords "plus favorables", et la situation s'est (un peu) améliorée. En 2014, seulement 79% des recettes ont du être reversées aux ayants-droit...

2. Des avances élevées et surcalibrées

En pratique, à chaque fois qu'une chanson est écoutée sur Deezer, le site doit reverser une toute petite somme d'argent aux ayants droits de la chanson écoutée.

Mais les producteurs ont imposé que cet argent soit en grande partie versé en avance. C'est ce qu'on appelle les "minima garantis" dans le jargon du secteur.

En pratique, l'avance est versée à la signature du contrat avec la maison de disques. Ensuite, l'écoute de chaque chanson est déduite de cette avance. Toutefois, il arrive qu'un catalogue soit si peu écouté que l'avance consentie initialement dépasse largement le coût des écoutes!

Dans ses comptes, Deezer indique ainsi avoir payé depuis 2012 aux ayants droits la coquette somme de 21 millions d'euros en avances pour des chansons jamais écoutées...

3. Un paiement en actions

Enfin, et non des moindres, Deezer explique aussi avoir dû octroyer aux majors des options convertibles en actions Deezer -dans le jargon financier, on appelle ça des bons de souscription d’action (BSA) ou des warrants.

Ces options représentent 15,35% du capital de Deezer. Soit une petite fortune. En effet, Deezer étant actuellement valorisé près de 1 milliard d’euros selon l'agence Bloomberg, ces options valent donc la coquette somme de 150 millions d’euros!

Ces options vont être converties en actions à l'occasion de l'introduction en bourse. Universal Music va ainsi hériter 7,8% du capital, soit près de 78 millions d'euros. De leur côté, Sony et Warner vont détenir 3,8%, soit près de 38 millions d'euros.

Les comptes de Deezer précisent que ces options ont été octroyées pour des sommes ridicules (de zéro à 10 centimes d'euros pièce), et qu'elles vont être converties pour des sommes elles aussi très faibles (quelques millions d'euros).

La révélation de ces options par BFM Business en août avait causé un certain émoi. Car ces options n'ont pas été octroyées à tout le monde. D’abord, les producteurs indépendants n’y ont pas eu droit. Ensuite, au sein des majors, seule la maison de production y a eu droit, mais ni l’interprète, ni l’auteur, ni le compositeur. Autrement dit, ces options ont été octroyées en contournant les principes de rémunération traditionnels en vigueur dans la musique, qui imposent un partage proportionnel des revenus entre le producteur, l’interprète, l’auteur et le compositeur.

A noter que la presse suédoise avait révélé que les majors détiennent aussi 18% dans le grand rival de Deezer, Spotify.

Source : Jamal Henni, BFM BUSINESS

#Musiqueculture #hightechappli #CONNECTINGMUSIC #streaming

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